Déclaration de la FSU au CDEN du 07 février 2018

mardi 13 février 2018
par  Webmestre
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Monsieur le Préfet, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Monsieur le Président du Conseil Départemental, Mesdames et Messieurs les membres du CDEN,

Les premiers mois du Président Macron ont envoyé des signaux très négatifs concernant l’Ecole, et plus qu’inquiétants concernant la Fonction Publique. Et c’est par là-même l’intérêt général qui est menacé.
Le premier comité interministériel de la transformation publique, réuni le 1er février, confirme les orientations inquiétantes du gouvernement concernant l’avenir de la Fonction Publique. Si celles-ci aboutissent, elles la transformeront en profondeur. Ce serait la fin d’une fonction publique au service de l’intérêt général
Par petites touches, le Ministre de l’Education bouleverse en profondeur le système scolaire : assises de la maternelle, rapport Villani, conseil scientifique, enseignement professionnel…et, ce qui nous préoccupe aujourd’hui : dégradation des conditions de scolarisation des élèves à la prochaine rentrée.

Dans le premier degré : la rentrée 2018 verra une baisse d’élèves. La dotation de 0 poste pour l’académie aurait pu être l’occasion de diminuer les effectifs par classe, d’améliorer le remplacement, la formation continue, ou encore l’aide aux élèves en difficulté…Mais avec le nouveau dispositif de dédoublement des classes de CE1 en éducation prioritaire, le choix de l’académie est de poursuivre les amoncellements de dispositifs à moyens constants.
Si l’on se base sur les chiffres du ministère et du rectorat :
-  151 postes perdus de 2007 à 2012, perte amortie par la présence de surnombres (87,5 en 2012)
-  66 créations de postes de 2012 à 2017, mais aussi disparition de 70 surnombres.
-  Ainsi en 10 ans (2007-2017), nous avons perdu pour l’académie 155 moyens d’enseignement pour une baisse de 2246 élèves.
A cela se sont ajoutés des dispositifs nouveaux sans les moyens permettant de les faire fonctionner (plus de maîtres que de classes, CP à 12…). Le taux d’encadrement réel, même en intégrant la baisse démographique, s’est considérablement dégradé !
Les choix de l’Education Nationale au niveau académique comme départemental pour faire face à cette pénurie d’enseignants sont désastreux : au lieu d’exiger du ministère des postes en nombre suffisant, nous allons redéployer les enseignants, et donc réorganiser la carte des écoles, sacrifiant les petites écoles rurales (qui ont par définition moins d’élèves) pour regrouper les élèves dans des écoles de bourgs, voire de villes.
Et pour cela l’arsenal est fourni : d’un côté on laisse aux maires la lourde responsabilité de fermer leurs écoles dans le cadre des conventions rurales. De l’autre on laisse comme l’a dit monsieur l’IA DASEN « mûrir le fruit pour qu’il tombe tout seul » ; autrement dit on laissera se dégrader tellement la qualité de travail en école rurale en fermant une classe, condamnant les élèves à travailler dans des classes avec davantage de niveaux, créant des classes uniques, que les familles fuiront d’elles-mêmes…
L’école corrézienne n’a pas à pâtir de l’austérité budgétaire. Il faut pour cela augmenter son budget, afin de recruter des enseignants en nombre suffisant pour une école ambitieuse, qui croit en la réussite de tous les élèves, notamment par l’élévation du niveau général de qualification. L’Ecole se doit d’être un outil majeur de la lutte contre les inégalités sociales et territoriales, pour la cohésion sociale. Les personnels partagent ce projet collectif. Il s’agit aujourd’hui, dans notre département, de leur en donner les moyens.

Dans le second degré, alors que nous attendons toujours un bilan officiel transparent de la réforme Châtel du lycée, le ministre de l’Education Nationale met en place une réforme du bac et de l’orientation répondant à nouveau une logique comptable, indépendamment de tout souci réel d’accompagnement et de réussite pour les élèves. Les suppressions de postes aggravent des situations déjà compliquées, encore une fois sans chercher à résoudre le problème des effectifs pléthoriques dans les lycées. Le mouvement de grève d’hier exprime la lassitude et l’inquiétude des enseignants.
Dans les collèges, la présentation des Dotations Horaires Globales a été une fois encore un sujet de désillusion. Des sections sont ouvertes sans que les moyens soient attribués pour leur donner toute leur consistance, obligeant les établissements à puiser par anticipation dans leur volume d’heures d’autonomie, volume qui n’a cessé de diminuer ces dernières années. Surtout, les prévisions d’effectifs montrent qu’à la rentrée de nombreux établissements vont fonctionner avec des classes surchargées, atteignant parfois dès le mois de septembre le seuil réglementaire en REP+. Les dispositifs (ULIS, UPE2A, UPS) sont oubliés dans ces prévisions. Comment mettre en place des inclusions quand les élèves à besoins particuliers sont négligés dans les logiques comptables ? Dans le même temps, Monsieur le Recteur lance une campagne de concertation académique avec pour slogan « Aucun élève laissé sur le bord de la route ». Il faut comprendre alors le désarroi des équipes, tiraillées entre déclarations de bonnes intentions et mesures d’austérité. Seules des créations de postes et l’ouverture de divisions supplémentaires rendront possible les missions de l’école républicaine telles que la loi 2005 entre autres les définit.
On demande bien légitimement aux professeurs d’œuvrer à la réussite de leurs élèves. Nous aimerions que tous les acteurs de l’Education Nationale se sentent investis de la même exigence. La réforme du collège de la précédente ministre a transformé une partie du volume horaire hebdomadaire des élèves en EPI et en AP. Le SNES avait alerté la profession sur le risque de voir ces heures perdues si la réforme du collège venait à être supprimée ou amendée. C’est bien ce qui s’est passé puisque nous sommes passés d’un volume de 29 heures hebdomadaires d’enseignement à un volume de 26 heures hebdomadaires.
On nous opposera le fait que les temps sont difficiles, que le contexte est défavorable, ou autres maximes de bon sens. D’une part, les derniers chiffres concernant la croissance du PIB contredisent cette analyse. D’autre part, nous nous opposons à cette rationalité abstraite, descendante, qui consiste à répartir des moyens au mieux, c’est-à-dire au moins mal, en fonction d’un budget préétabli, sans rapport aucun avec les besoins existants. Nous lui préférons une rationalité concrète, ascendante, seule raisonnable, partant de l’inventaire des besoins bien réels du système éducatif pour en dégager les moyens nécessaires à l’accompagnement des élèves.
Il faut des postes, il faut des divisions supplémentaires. Aucun des artifices montés pour laisser croire que les difficultés se résolvent quand on complexifie les procédures d’orientation, ou quand on change les modalités de passation des examens, ne fera oublier que ce qu’il faut avant tout, ce sont des moyens humains !
Il est grand temps de desserrer l’étau budgétaire et de mettre en place une réelle politique dynamique de développement de l’enseignement public. Cela suffit d’avoir recours, dans le secondaire, de façon de plus en plus importante, à des professeurs contractuels pour pallier les diverses absences de professeurs. Cela met à mal nos collègues qui n’ont aucune formation. Cela met à mal nos élèves. Cela met à mal notre service public d’enseignement. Cela suffit d’avoir recours, dans la Fonction Publique, à des contractuels, avec comme seul objectif de remettre en cause les statuts des fonctionnaires. Nous ne sommes pas dupes ! Sachez, Monsieur le Préfet et Monsieur l’Inspecteur d’Académie que la FSU combattra de telles dérives.


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